Publication du rapport de synthèse du projet SPECIES sur les impacts potentiels des câbles électriques de raccordement des projets EMR sur les écosystèmes benthiques côtiers

Publié le 21 mai 2021, le rapport de synthèse du projet SPECIES documente les impacts potentiels associés aux câbles électriques sous-marins des projets EMR, une préoccupation récurrente dans les processus consultatifs. Rassurants, les résultats de ce projet, coordonné par France Energies Marines et piloté scientifiquement par l’Ifremer, ne montrent pas d’impacts négatifs majeurs mais appellent à de nouvelles études, tout particulièrement en ce qui concerne l’impact des champs électromagnétiques in situ. L'équipe du SEM-REV a contribué à ce projet.

le 21 mai 2021

Des enjeux environnementaux

Les premiers parcs éoliens offshores commerciaux verront bientôt le jour en France et leurs potentiels impacts environnementaux sont un objet d’étude important. Parmi les préoccupations citoyennes et scientifiques, la question des effets potentiels des câbles électriques sous-marins revient régulièrement lors des phases de concertation. C’est également un point examiné avec attention par l’autorité environnementale qui évalue les études d’impact réglementaires de projets éoliens.

Le benthos à la loupe

Réalisé entre 2017 et 2020, le projet collaboratif SPECIES visait à répondre à cette interrogation, un travail d’autant plus nécessaire que les données scientifiques disponibles sur le sujet sont insuffisantes. Dans le cadre du projet, les études se sont focalisées sur les interactions potentielles entre les câbles de raccordement électrique des projets EMR et les organismes benthiques (benthos), qui vivent sur les fonds marins, sont peu mobiles, et sont ainsi les organismes marins les plus exposés a priori. Les recherches ont été menées selon trois axes principaux : la mesure in situ des effets physiques générés par les câbles (modification de l’habitat, champs électromagnétiques, radiation thermique), l’étude in situ de l’impact de la présence des câbles sur la faune et la flore vivant sur le fond en zone côtière, et l’étude en laboratoire de l’impact potentiel des champs électromagnétiques sur le comportement du homard européen (Homarus gammarus) et de la coquille Saint-Jacques (Pecten maximus).

Des résultats rassurants

Le projet a permis de mieux caractériser les perturbations physiques en phase d’exploitation. L’échauffement généré par les câbles posés sur le fond (non ensouillés) est ainsi négligeable, tandis que l’intensité des champs électromagnétiques émis par les différents câbles étudiés est faible et localisée (de l’ordre de quelques nT à 10 m, à quelques µT à 2 m, quand le champ magnétique terrestre est lui de l’ordre de 50 µT à nos latitudes). Par ailleurs, les structures de protection des câbles non ensouillés peuvent offrir un habitat favorable pour de nombreuses espèces fixées et mobiles, dont des espèces structurantes et à intérêt commercial. Aussi, aucun impact négatif drastique des câbles électriques sous-marins n’a été mis en évidence sur les écosystèmes benthiques. Néanmoins, l’impact du champ électromagnétique, a priori faible pour le benthos en condition expérimentale, reste à être évalué in situ sur les secteurs les plus exposés (réseaux denses de câbles) avant de pouvoir être écarté des débats sur les préoccupations environnementales associées aux projets EMR.

De nouvelles perspectives

Le projet a permis de développer et tester des outils de mesure de champs électromagnétiques en mer et d’expérimentation en laboratoire. Il a également permis de définir des recommandations claires et efficaces pour étudier l’impact des câbles électriques sur les communautés d’invertébrés des fonds marins, meubles et rocheux. L’effort de recherche initié doit néanmoins être poursuivi pour approfondir certaines problématiques encore insuffisamment documentées, comme la caractérisation des seuils de sensibilité aux champs magnétiques, ou le cumul d’impact. A plus forte raison que le nombre et la puissance des câbles sous-marins sont appelés à se développer fortement dans les eaux côtières françaises. 

A propos de SPECIES
Le projet SPECIES ou Submarine Power Cables Interactions with Environment & associated Surveys a été initié en 2016. Coordonné par France Energies Marines et piloté scientifiquement par l’Ifremer, le projet a fédéré un consortium de neuf partenaires académiques et privés aux compétences et aux contributions complémentaires.

Ce projet bénéficie d’une aide de l’Etat gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme des Investissements d’Avenir, du soutien financier des membres et partenaires de France Energies Marines et de l’apport financier public des régions Bretagne et Normandie.

Publié le 1 juin 2021 Mis à jour le 2 juin 2021